| La Fontaine Cantini |
L'obélisque aux multiples dédicaces place, qui bornait alors la rue de Rome, juste à la limite de la campagne, et à qui on avait donné le nom de son donateur, s'était vue dotée, peu après, en 1812, d'une fontaine circulaire surmontée d'un obélisque. Dédiée lors de sa construction au Roi de Rome qui venait de naître, ce monument allait, durant près d'un siecle, marquer tout d'abord l'extrémité de la rue de Rome, puis, plus tard, servir d'entrée à l'avenue du Prado, inaugurée en 1839. Après la chute de Napoléon, la dédicace primitive avait éé remplacée par une nouvelle, au Duc de Bordeaux. Mais rapidement, suivant les vicissitudes de la vie du pays, il avait fallu changer le texte. On en avait gravé un autre, à la gloire du Comte d'Artois, puis un autre encore, en l'honneur de la révolution de Juillet, inscription qui avait été maquillée à son tour en 1860 lors de la visite à Marseille de Napoléon III.
L'offre de Monsieur J.Cantini
marseillais bien connu, proposa à la municipalité de faire don à la ville d'une fontaine monumentale qu'il installerait à ses frais sur la place Castellane, afin de remplacer l'ancienne fontaine jugée peu digne de la grandeur de la cité. l'obélisque pour le transporter et l'installer - privé de son bassin circulaire - à l'extremité de Boulevard Michelet. Apres quoi, en décembre, furent entrepris les travaux de la nouvelle fontaine.
Enfin, le 22 octobre 1911, la haute palissade, qui entourait le chantier et au dessus de laquelle émergeait seulement la grande colonne blanche surmontée de la statue de "Massilia" fut démontée, et les Marseillais purent découvrir dans son ensemble leur nouveau monument.
Il ne restait plus qu'à l'inaugurer.
dimanche. s'installer sur la tribune officielle aménagée à l'entrée de la rue de l'Obélisque, et, à 10h45, la Musique Municipale ouvrit les festivités en jouant "La Marseillaise", suivie de l'"Ouverture de Guillaume Tell". Crinas, ce valeureux "médecin qui avait légué sa fortune pour la remise en état des fortifications et des remparts de la cité". oeuvre magistrale digne de l'époque de Puget". majestueusement approché d'une prise d'eau, souleva la plaque de fonte, et d'un tour de clé, fit jaillir, sou s les applaudissements frénétiques de la foule, "gerbes d'eau, cascades et corbeilles à l'aspect féérique". On avait seulement compté sans le vent de Sud-Est qui soufflait avec force depuis le matin et qui, des le jaillissement des 500 jets de la couronne circulaire et des 8 gerbes de 15 mètres de hauteur, rabattit ces grandes eaux sur la Musique Municipale impeccablement rangée à proximité, obligeant les 75 malheureux musiciens à déguerpir en vitesse en protégeant leurs instruments, grosse caisse en tête. centaines d'ampoules élecrtiques multicolores mêlant leur lumière à celle des réverbères à gaz, sous les regards admiratifs des innombrables curieux. Comme le prévoyait "Philos", dans la revue "Massalia", la fontaine a revetu aujourd'hui "la patine du temps". Son environnement a changé, meme si les immeubles nouvellement construit ne l'ont pas été obligatoirement "en harmonie avec l'oeuvre sculpturale". Le métro est venu creuser le sous-sol de la place de ses galeries et de ses stations, sous sol deja traversé, à l'époque, par le grand collecteur d'égout. Et la colonne demeure, septuagénaire toujours pimpante, partie intégrante du paysage.
|
||