Il
sait faire danser les plats, chanter les saveurs, marier les couleurs
et crier les épices, surtout quand elles sont sur le grill...
Est-ce dire que pour Bernard Loury, la cuisine n'a plus de secret?Ce serait
exagéré, voire prétentieux. Chez Loury, on ne mange
pas de ce pain là... sauf s'il est artisanal .Depuis trente-six
ans, ce bon vivant d'origine bourguignonne défend les couleurs
d'un métier qu'il n'envisage pas sans valeurs. De ses années
de labeur, il souhaite garder le souvenir de cette passion qu'il a transmise
à ses deux garçons, et aux apprentis qu'il a formés.
Côté stratégie d'entreprise, le chef se refuse à
alpaguer le client avec des prix d'appel défiant toute concurrence.
Bernard Loury connaît les recettes du marketing sur le bout de la
fourchette mais tout cela, pour lui, "c'est du mensonge". Il
préfère, de loin, annoncer la couleur avec ses menus à
140 F ou 165 F, dans lesquels le consommateur trouvera pas moins de seize
propositions, entre l'entrée et le plat principal. Il sait aussi
analyser les modes de consommation et choisir de ne pas multiplier les
prix différents, à la carte, afin que les clients mangent
à leurs goûts et non au tarif". Quel que soit votre
appétit, Bernard Loury se fait fort de réveiller le gourmet
qui sommeille en vous. En terrasse ou intérieur, il s'occupe de
tout ou presque... Car c'est grâce à sa femme Ghislaine,
que le dicton "le client est roi" prend tout son sens. Croyez-le,
il en faut des compétences pour mettre en bouche et annoncer "
bouillabaisse en gelée, salade de poulpe, brouillade d'œufs,
panaché de sorbets aux herbes de Provence, dorade grillée,
pieds paquets ou encore foie gras maison... ".
Le grand malheur du chef, qui tourne parfois à l'obsession, c'est
d'être confronté à
un double discours: " les clients veulent être séduits
par la nouveauté mais ils décident finalement de manger
ce qu'ils connaissent le mieux".